J'aime la
mandarine.
Mais attention il y mandarine ...Et mandarine !
De plus en plus on trouve, l'improbable mandarine.
L'improbable, c'est celle qui a la forme de ...La couleur de...Et
en sniffant très fort et de très près, un vague relent de parfum
de... Vraie mandarine, mais de loin.
L'improbable c'est aussi celle qui a un peu le goût de mandarine,
quand elle n'est pas coupée de saveurs acres, amères ou acides
.Voir les trois à la fois.
L'improbable c'est aussi l'improbabilité d'un épluchage aisé, la
peau semble en fusion avec la chaire, et il faut faire preuve d'une
grande dextérité pour ne pas l'écorcher cette chaire, tandis qu'on
essaie tant bien que mal de la mettre à nue, et de ne pas perdre le
peu de jus fadasse qu'elle contient, quand elle n'est pas desséchée
de l'intérieur.
Cette mandarine-là cependant, il semblerait que ce soit la favorite
du porte-monnaie, hélas !
Puis vous
avez don l'autre mandarine, la vraie mandarine j'ai envie de dire,
celle qui fleure vos souvenirs d'enfance quand la fadasse
improbable était moins présente sur les étals.
La vraie mandarine elle n'est point emmaillotée dans un filet
rougeâtre qui ne lui sied guère, la vraie mandarine, elle est là
étendue offerte, en vrac, et même feuillue, et oh ! Cette
mandarine-là embaume la mandarine, la peau de cette dernière, on
peut ‘l'éplucher en un tour de main, pas d'adhérence trop
ténue. On peut même la sculpter cette enveloppe-là, en faire un
fond de bougie qui amuse les enfants. En main on sent le poids de
la mandarine, la turgescence de la mandarine, pleine de jus, celle
où quand on croque dedans (ce qui n'est pas possible avec
l'improbable nanifiée qu'on gobbe plutôt) on a une explosion de jus
sucré et mandarine, réellement mandarinée en bouche.
Hier je la vois ! La vraie mandarine ! Elle venait de corse, et de
son feuillage épanouit qui était du voyage aussi, me faisait de
l'œil. Œil qui avant de succomber pris la peine d'un
détour sur le prix au kg ! Waouh, l'œil transpira un peu,
mais le palais goulus lui encoigna de céder
(raisonnablement).
Il n'en demeura pas moins que cette délicieuse mandarine qui tenait
toute ces promesses en bouche, avait comme un goût de note salée
!
6.25
euros
la poignée qui ne durera que le temps d'un week-end, le
porte-monnaie faisait la tronche !
Je me suis
rappelée alors ce que me racontait mon père, petit à la même
saison, quand mon frère et moi croquions la vraie mandarine à
pleine dents. Il nous disait de la savourer la mandarine ! Car
petit dans sa grande fratrie,(4 frères et trois sœurs) la
mandarine était inaccessible, c'est sa cousine l'orange qui rendait
visite au palais de la fratrie, mais cela seulement le soir de Noël
,car avec ses deux papillotes c'était là le cadeau ,unique qu'ils
auraient. Cela n'en restait pas moins un soir de fête
appréciée.
Tout comme fut pour notre palais, cette succulente mandarine du
week-end.
Mais écoutant le porte -monnaie, on se dit qu'on va éviter de trop
saler l'ambiance, ma foie on se contentera de l'improbable, et on
fera comme d'autres avant nous, on gardera l'explosion «
mandarinière » des papilles pour le soir de fête à
venir.











aux pris où on les trouve, c'est pas permis et encore sans compter les saveurs car on paye cher pour de la M....




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